Découvrez Ken Ossola

Il est des artistes qui trouvent leur voie dans la fulgurance, dans la force de saisir l’inspiration de l’instant. Ken Ossola fait partie de ceux-là.

De son talent inné pour bouger merveilleusement – qu’il manifeste dans la pratique de sports acrobatiques – il est remarqué et encouragé dès 16 ans à suivre une classe de ballet pour développer sa force. Sage décision qui lui ouvre les yeux et tel, un flash : «Un matin, je me suis réveillé et je me suis dit : «Je veux devenir danseur».

Chance ou destiné ? Il fait immédiatement les bonnes rencontres : il suit les cours de lʼex-Béjart Jean-Paul Balmer à lʼEcole Claude Boucherin à Meyrin puis est rapidement admis au cours de Beatriz Consuelo, étoile brésilienne au Grand Ballet du marquis de Cuevas dans les années 1960, alors Directrice de l’Ecole de Danse de Genève.

De cette femme secrète et charismatique, Ken Ossola se souvient : «Elle m’a appris la passion et la précision.»  De cet enseignement, Ken Ossola y puise aussi la résonance pour s’ouvrir, offrir son talent aux autres.

Il enchaîne les auditions, et ose très rapidement La Haye  où il  est admis en 1989 au NDT 2, la compagnie junior du Netherlands Dance Theatre.

De 1989 à 1992, il évolue au sein des différentes promotions du NDT  où il danse pour des chorégraphes comme Hans Van Manen, Ohad Naharin, William Forsythe, Martino Müller, Paul Lightfoot, Nacho Duato, Johan Inger et Jiří Kylián.

C’est justement ce dernier, qui en 1992 – quand il intègre le NDT 1, la section des danseurs confirmés – le remarque. «Ma force, c’était le saut. Ce que j’aimais, c’était rester le plus haut le plus longtemps possible.»

Jiri Kylián le sélectionne alors très régulièrement pour de très nombreuses pièces, notamment One of a Kind, Blackbird, Tiger Lily, Wings of Wax, Bella Figura.

Comment définir Ken Ossola comme interprète ?

Alexandre Demidoff[1]dit de lui : « Un alliage de puissance, d’instinct, de retenue ; un éclat d’âme aussi ».

Ken Ossola décrira son ressenti en tant qu’interprète en ses termes : «J’étais comme un volcan, mais je contrôlais l’explosion. Ce que je cherchais, c’était l’état de grâce. Quand on atteint cette dimension si rare, c’est magnifique. Ça peut durer des heures après le spectacle. C’est indescriptible.»

Pourtant, en parallèle, se profile déjà son attrait pour chorégraphier.

Parmi les nombreux chorégraphes avec lesquels Ken Ossola a la chance de travailler, Jiri Kylian lui permet de connaître des moments très riches en inspiration. C’est ainsi qu’il apprend à renoncer à la séduction d’un geste pour toucher à l’essentiel.

Pendant huit ans, Ken Ossola traverse les airs et se fait violence pour goûter cette ivresse.

Ses pieds sont des plaies. Mais qu’importe puisque les ailes sont là. Jusqu’à ce jour où il renonce à être interprète. A 28 ans, il quitte en 1999 la compagnie du NDT pour « s’ouvrir, parler ».

Car parler pour Ken Ossola, c’est se concentrer désormais sur l’art de chorégraphier.

Fidèle à sa personnalité, dans les studios de répétitions, sa vision du chorégraphe n’a rien d’autoritaire. Il n’ordonne rien. Il observe puis suggère, se laisse porter par le mouvement des interprètes, corrige un geste, reformule un pas, anticipe un tableau.

Ainsi, le NDT I  lui fait appel en tant répétiteur durant la saison 2004/05.

Ken Ossola intervient régulièrement pour Jiří Kylián lors de la reprise des pièces de son répertoire en tant que chorégraphe assistant ainsi que pour la création de Zugvögel à Munich en 2009.

En 2014, le Ballet du Grand Théâtre de Genève lui commande « Mémoire de l’Ombre », une pièce hommage à Gustav Mahler, qui s’avère être l’une de ses pièces les plus ambitieuses. D’une certaine façon, créer sur une musique aussi forte tenait de la gageure. Mais Ken Ossola est coutumier d’un choix de partitions de haut niveau. Ainsi, c’est le « Requiem » de Fauré qui l’avait inspiré pour sa création «  Lux » pour ce même Ballet du Grand Théâtre de Genève, en 2009.

[1] Journaliste au magazine suisse, « Le Temps ».

Créations

En tant que chorégraphe, Ken Ossola a été particulièrement productif :

1997 “Thousand Knives” Korzo Theatre “young choreographers evening”

1998 “Footprint”

1999 “Morning Calm”

2000 “Between + and –” B.J program”, Alhambra, Genève

2002 ” + and – “  “The choreographer workshop”, Swedish Television

2003 “Morning Calm.2″ Ballet Junior de Genève

2004 “Corpsdonnées” Ballet Junior de Genève

2004 “Zero Degrees” full evening creation for the Cadance Festival, Den Haag

2005 “Zero Degrees.2” Ballet Junior de Genève

2005 “Off Light” No.mad.ic project 2, Japan

2005 “In-Ten-Sive” Rotterdam Dance Academy at the Holland Dance Festival, Den Haag

2006 “171°/174°” full evening co-creation with Tamara Bacci, for the Cadance Festival, Den Haag

2007 “She is the One” Ballet Junior de Genève

2008 “Phases” Association de Danse Contemporaine, Genève

2008 “Ombre Fragile” Ballet du Grand Théâtre de Genève

2009 “Piroska” Ballet Kiel

2010 “White Lies” Tanz Luzern Theater

2010 “Sed Lux Permanet” Ballet du Grand Théâtre de Genève

2011 “MIR” Jeune Ballet de Lyon

2011 “Fine Line” NDT2

2012 “Kiokou” Ballet Junior de Genève

2014 “Mémoire de l’Ombre” Ballet du Grand Théâtre de Genève

2015 “White Lies“ reworked for the Kayzer Ballet” Portugal

2016 “La Lueur de l’Aube” Grands Ballets Canadiens de Montréal

Actuellement

La Lueur de l’Aube – Octobre 2016 – Toronto

En mars dernier, Ken Ossola a produit sa nouvelle chorégraphie, “La Lueur de l’Aube”, œuvre commandée par Les Grands Ballets Canadiens, qui vient d’être jouée à Montréal au Théâtre Maisonneuve. Cette nouvelle pièce s’appuie sur un programme musical du compositeur russe Sergueï Rachmaninov.

Nouveau défi pour ce chorégraphe subtil présenté comme « un artiste de l’ombre et de la lumière, un artiste qui calligraphie plus qu’il ne chorégraphie. Ses ballets sculptent les corps des danseurs dans une apparente fragilité teintée d’harmonie et de paix intérieure »[2].

Ce spectacle est exceptionnellement rejoué au Toronto les 6 et 7 octobre prochains, au Sony Centre for the Performing Arts, dans le cadre du Fall for Dance North.

[2] Philippe Cohen, directeur du Ballet du Grand Théâtre de Genève

Quelques Théâtres et compagnies qui ont programmé les créations de Ken Ossola